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Croquis de la façade de l’Ecole Militaire

Au XVIIIe siècle les Ecoles et Académies militaires et maritimes fondées au XVIIe siècle par l’Ordre de Saint-Lazare de Jérusalem perdent leur intérêt. En effet Louis XV fonde l’Ecole Royale Militaire, destinée à l’instruction de la jeune noblesse sans fortune, et nous devons entendre par là principalement les fils des officiers morts au champ d’honneur ou morts en service.


A partir de ce moment et jusqu’en 1789, des liens s’établirent entre l’Ordre de Saint-Lazare de Jérusalem et l’Ecole Royale Militaire de Paris et nous souhaitons rappeler et préciser quels furent ces liens.


Dans son édit de création de l’Ecole, daté de janvier 1751, Louis XV avait dit ce qui suit :


« La protection singulière que nous avons résolu d’accorder à ceux de notre noblesse qui auront été élevés dans l’Ecole militaire exigeant de leur part une reconnaissance proportionnée au bienfait qu’ils auront reçu de nous, nous avons cru qu’il était nécessaire de leur donner une marque distinctive laquelle, en les faisant reconnaître partout où ils se trouveront, leur résume sans cesse devant les yeux les obligations qu’ils auront contractées envers Nous et notre Etat et les porte, par ce souvenir, à donner l’exemple aux autres ; et à répondre, dans toutes les circonstances de leur vie, à l’éducation qu’ils auront reçue, à peine d’encourir notre disgrâce et d’ être punis plus sévèrement que les autres dans tous les cas où ils se montreraient indignes de notre protection. Nous voulons donc qu’en sortant de l’Ecole militaire pour passer à quelque emploi que ce soit, ils reçoivent de nos mains une marque distinctive, qu’ils seront tenus de porter toute leur vie ainsi et de la manière que nous l’ordonnons par la suite ».

C’est là qu’intervient l’Ordre de Saint-Lazare de Jérusalem. Cette marque distinctive, ce fut le Grand Magistère des Ordres de Saint-Lazare de Jérusalem et de Notre-Dame du Mont Carmel qui la mit à la disposition du Roi ; les Elèves de l’Ecole Royale Militaire furent, en sortant de l’Ecole, nommés chevaliers novices des deux Ordres. C’était là un stimulant précieux pour les élèves.


Cette faveur fut respectée par règlement (assez révolutionnaire et contraire aux traditions) que Louis XV signa le 15 juin 1757. Ce règlement, après avoir fixé des conditions d’âge, un nombre maximum des chevaliers et le montant des droits de passages précisait en effet :


« Le Roi veut cependant que les gentilshommes qui auront été élevés à l’Ecole Royale Militaire puissent être reçus dans l’Ordre en satisfaisant aux preuves de noblesse, bien que n’ayant pas l’âge requis, même en excédent du nombre de 100 chevaliers qui est fixé. Ils seront exempts de droit de passage et autres. »


« Jusqu’à trente ans, ils ne pourront porter que la petite croix à la boutonnière et même à 30 ans pour porter la grande croix, ils devront en obtenir permission du Grand Maître. »


La petite croix des Ordres de Saint-Lazare de Jérusalem et de Notre-Dame du Mont Carmel fut donc, donnée au début à tous les élèves de l’Ecole. La Gazette de France publia les noms de 26 élèves ainsi admis le 26 mai 1759, de 2 le 12 décembre 1759, de 9 le 10 mai 1760.


Toutefois, cette mesure générale, qui honorait aussi bien les mauvais élèves que les bons, fut modifiée en 1760. M. Stéphane Geoffray nous indique qu’elle ne s’appliqua plus qu’aux quinze sujets reconnus annuellement les plus méritants.


En outre, en 1761, le Roi se réserva la faculté de priver de cette marque de distinction ceux des anciens élèves qui quitteraient le service. Voici ce que stipule à ce sujet son ordonnance du 4 mars 1761 :

« Sa Majesté a mis en considération que la marque de distinction dont Elle veut bien décorer ceux des gentilshommes élèves de ladite Ecole Royale Militaire qui se sont conduits pendant le temps de leur éducation dans ledit Hôtel d’une manière qui ait fait reconnaître que leurs sentiments répondent à leur naissance et à l’état auquel ils sont destinés en les faisant admettre dans les Ordres Royaux, Militaires et Hospitaliers de Notre-Dame du Mont Carmel et de Saint-Lazare de Jérusalem en qualité de chevaliers novices des dit Ordres, il ne serait pas plus convenable qu’ils puissent conserver cette marque d’honneur, qui n’est destinée qu’à ceux qui se dévouent au service de Sa Majesté et de l’Etat s’ils s’en retiraient sans aucune des causes susdites. A l’effet de quoi Sa Majesté a ordonné et ordonne ce qui suit :


« Tous ceux des gentilshommes, élèves de l’Ecole Royale et Militaire qui auront été admis dans les Ordres Royaux Militaires et Hospitaliers de Notre-Dame du Mont Carmel et de Saint-Lazare de Jérusalem en qualité de chevaliers novices desdits Ordres en sortant de l’Hôtel et qui quitteront le service seront obligés de renvoyer la croix qu’ils auront reçue desdits Ordres au chevalier Grand Trésorier d’iceux.


Veut et entend sa Majesté qu’ils soient rayés des états et catalogues desdits Ordres, à moins qu’ils ne cessent leurs services par rapport à des blessures ou autres causes équivalentes qui les mettent dans l’impossibilité reconnue de les continuer et en conséquence, le Secrétaire d’Etat ayant le département de la guerre, informera M. le Grand Maître, desdits Ordres de ceux desdits élèves qui auront quitté le service sans aucune desdites causes susdites, afin qu’il puisse veiller à ce que leurs croix soient renvoyées ou retirées, même requérir la punition de ceux qui continueraient de les porter nonobstant lesdites défenses ».


Quand le comte de Provence succéda au duc de Berry (futur Roi Louis XVI) comme Grand Maître des Ordres, les admissions continuèrent comme précédemment. Mais en 1779, une modification parut opportune et le Comte de Provence, nouveau Grand Maître l’exposa comme suit dans son règlement du 21 janvier 1779 :


« Le désir que nous avons de contribuer autant qu’il est en notre pouvoir au bien de l’Etat et de voir les Ordres dont nous sommes Grand Maître devenir un objet d’émulation pour tous ceux qui servent le Roi dans les troupes nous a porté à considérer avec une attention particulière l’Ecole intéressante dans laquelle le Roi fait élever les enfants de ceux qui ont consacré leurs jours ou perdu la vie à son service. Les règlements précédents, qui leur accordaient pour prix de leur bonne conduite l’avantage d’être reçus novices dans nos dits Ordres, ne leur donnaient aucun état précis. Leur décoration, presque semblable à celle des officiers de nos Ordres qui ne peuvent leur être assimilés, les confondaient avec eux et la multiplicité de cette distinction qui en diminuait l’éclat rendait impossible l’exercice d’une libéralité qui ne pourrait être placée d’une manière plus honorable et plus utile que sur des gentilshommes que nous devons regarder comme les enfants de l’Etat.


« Nous avons exposé ces différents motifs au Roi, notre très honoré Seigneur et Frère. La protection dont il honore la noblesse de son royaume l’a engagé à donner le sceau de son approbation aux moyens que nous avons proposés pour remédier d’une part aux inconvénients intérieurs et pour prouver de l’autre les nouveaux avantages que nous avions en vue.


« L’acte de bienfaisance qui les accompagne n’est point l’effet de notre seule générosité; l’Ordre entier nous a demandé d’y contribuer à frais communs et s’empresse d’acquitter ainsi ce que lui inspirent l’honneur, la religion et l’attachement à l’Etat. Ces glorieux sentiments ont présidé à la délibération ».


Voici les pages essentielles du règlement du Grand Maître à la même date, qui suit cet exposé :


- 1 - L’Ordre de Notre-Dame du Mont Carmel faisant partie de ceux dont nous sommes Grand Maître sera désormais consacré uniquement à ceux des élèves de l’Ecole Royale Militaire que nous jugerons à propos d’y admettre, et après leur nomination. Quand la vérification de leurs preuves aura été faite ainsi que l’information de leur vie et mœurs, ils seront reçus chevaliers dudit Ordre dans la forme que nous préciserons.


- 2 - La marque de cet ordre, consistera dans la petite croix, pareille, pour la forme et grandeur, à celle qui a été d’usage jusqu’à présent : sur un côté, sera placée l’effigie de la Sainte Vierge, et un trophée orné de trois fleurs de lys de l’autre côté ; cette croix sera suspendue à la boutonnière de l’habit par un ruban cramoisi.


- 4 - Nous choisirons tous les ans, parmi les sujets les plus distingués qui seront dans le cas de sortir de l’Ecole Militaire pour entrer en service et dont la liste nous sera présentée dans la forme qu’il plaira au Roi de déterminer, trois d’entre eux que nous nommerons chevaliers de l’Ordre de Notre-Dame du Mont Carmel.


- 5 - Chacun de ces trois Chevaliers recevra, à dater du 1 janvier de l’année qui suivra la réception, une pension annuelle de cent livres qui lui sera payée sur le trésor de l’Ordre et qu’il conservera tout le temps qu’il restera au service, à moins que des blessures reçues à la guerre et dûment constatées ne l’aient forcé de s’en retirer.


- 6 - Si l’un de ces nouveaux chevaliers de l’Ordre du Mont Carmel a le bonheur de faire à la guerre une action de courage et d’intelligence, qui eut un grand éclat et de grands avantages, il pourra se présenter à nous avec l’attestation du général de l’armée et du ministre de la guerre, et, après nous être fait rendre compte de cette action et de son importance, si nous la jugeons assez considérable, nous le nommerons sur le champ et sans autre preuve chevalier de Saint-Lazare et la réunion des deux croix qui n’aura lieu que dans ce seul cas sera une attestation éternelle de sa gloire...


- 7 - Au surplus nous n’entendons rien changer à l’état des élèves de l’Ecole Militaire qui ont jusqu’à présent été reçus novices dans nos dits Ordres ; ils continueront d’en porter les marques comme par le passé ; mais ils ne peuvent, en raison de leur grand nombre, participer aux avantages que nous accordons aux nouveaux, et que notre sagesse nous a forcés de combiner avec nos moyens. »


L’article 3 que nous n’avons pas reproduit, précise les preuves de noblesse à fournir. Le roi Louis XVI, pour compléter ces dispositions, prit le 13 mai 1779 un règlement dont nous reproduisons le préambule :


« Sa Majesté, voulant donner aux Ordres Royaux, Militaires et Hospitaliers de Notre-Dame du Mont Carmel et de Saint-Lazare de Jérusalem de nouvelles marques de bonté et de la protection dont elle les honore, a jugé à propos de leur assurer la jouissance perpétuelle d’une église propre à y faire les cérémonies desdits Ordres, avec la décence et l’éclat qu’elles doivent avoir, ainsi que d’un lieu convenable pour la tenue de leurs chapitres, et son intention étant que cet établissement ait toute la solidité nécessaire pour dispenser lesdits Ordres de se procurer une propriété qui sans cela serait indispensable et les jetterait dans des dépenses très considérables, Sa Majesté a ordonné et ordonne ce qui suit . »


Les articles de ce règlement sont, en ce qui concerne la chapelle de l’Ecole Militaire, les suivants :


« La Chapelle de ladite Ecole sera désormais et à perpétuité affectée audit Ordre (de Notre-Dame du Mont Carmel). « Le Grand Maître des Ordres Royaux, Militaires et Hospitaliers de Notre-Dame du Mont Carmel et de Saint-Lazare de Jérusalem sera le maître de faire faire dans ladite chapelle toutes les cérémonies religieuses des dits Ordres, de tenir ses chapitres dans la salle de l’hôtel de l’Ecole Royale Militaire qui y sera particulièrement destinée ; et enfin d’user, les jours indiqués pour ces cérémonies, de ladite chapelle et de ladite salle pour ce qui vient d’être dit, comme si elles appartenaient en propre aux dits Ordres ».


 Le même règlement précisait que le Grand Maître des Ordres s’était engagé à accorder aux cinq chapelains de l’Ecole Militaire le titre et un brevet de l’Ordre de Notre-Dame du Mont Carmel, et que ces cinq chapelains seraient chargés avec cinq chapelains de l’Ordre de Saint-Lazare et un commandeur ecclésiastique, d’assurer les cérémonies religieuses des Ordres en cette chapelle.


En dehors des élèves de l’Ecole, il existait d’autres liens entre elle et l’Ordre de Saint-Lazare. M. de Bongars, qui fut le dernier lieutenant du Roi de l’Ecole, de 1767 à 1774, et le marquis de Thimbrune Valence, qui en fut le dernier gouverneur de 1775 à 1788, furent chevaliers des Ordres de Saint-Lazare et de Notre-Dame du Mont Carmel.


Les promotions des jeunes chevaliers se poursuivirent régulièrement. En juillet 1787, le comte de Provence, après le chapitre tenu en la chapelle, avait prononcé la désignation de trois élèves à qui il conférait la croix : François Dupont de Chambon de Mezillac, Pierre Nicolas de la Lande de Vernon, Nicolas Laurent de Montarby de Dampierre.


Trois mois plus tard, le 9 octobre 1787, un règlement royal supprima l’Ecole de Paris à dater du 1 avril l788 et en donna les bâtiments à la Ville de Paris pour y établir un hôpital. Des protestations s’élevèrent immédiatement, rappelant que ces biens n’appartenaient pas au Roi. Louis XVI se rendit à ces observations et approuva le 2 août 1788 une transaction dans laquelle intervint l’Ordre de Saint-Lazare.


Elle n’eut pas le temps d’être appliquée. 1789 commença à disperser chevaliers et élèves de l’Ordre sur les champs de bataille ou les chemins de l’émigration.


Parmi les élèves, plusieurs arrivèrent à de hautes situations civiles ou militaires.


L’Histoire plus récente nous rappelle les liens de l’Ordre de Saint-Lazare de Jérusalem et de la Chapelle de l’Ecole Militaire. Durant la dernière guerre (1939-1945), un Corps des Volontaires Secouristes de l’Ordre de Saint-Lazare de Jérusalem fut institué le 18 octobre 1942. A cette époque l’administration de l’Ordre invoqua les lettres patentes de septembre 1788 du Roi Louis XVI par lesquelles l’Ordre de Saint-Lazare était devenu propriétaire des bâtiments et de la Chapelle de l’Ecole Militaire, et en revendiqua l’usage. Cette revendication fut acceptée par les autorités ; les bâtiments historiques furent abandonnés par l’armée d’occupation et l’Ordre s’y installa y établissant alors son siège ; cette prise de possession permit ainsi de sauver l’Ecole Militaire.


Après la libération de Paris, l’Ordre ne put conserver les bâtiments et la chapelle de l’Ecole Militaire qui furent réoccupés par l’Armée Française.


De nos jours, l’Ecole Militaire est toujours occupée par l’Armée Française, mais la Chapelle que l’Ordre contribua à sauver a été rendue au culte et constitue une des paroisses de l’Armée Française.

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